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Ancienne usine Imperial Tobacco |
3711, rue Saint-Antoine Ouest
Sources : L'autre Montréal + Site internet d'Imperial Tobacco + Jean Gilbert + The Square Mile. Merchant Princes of Montreal *
Même si elle a été « rhabillée », cette usine de tabac date
de 1906 et appartenait à Mortimer Barnett Davis. Sir Davis est
né en 1864. Après des études secondaires, il est entré dans
l’entreprise de son père, la « Samuel Davis & Son », un
fabricant et importateur de cigares. Il en a gravi tous les
échelons avant de fonder la compagnie Imperial Tobacco. Il est
décédé en 1928, en France.
La stratégie de Mortiner Davis pour construire son
empire a consisté à fusionner avec plusieurs autres compagnies,
notamment la compagnie R. Ritchie & Co., l’American Tobacco
et l’Empire Tobacco. C'est le 11 juin 1908 que parut pour la
première fois à Montréal (rue Saint-Antoine) le nom de la
société Imperial Tobacco Co. of Canada.
Aux environs de 1917, en tant que président d’Imperial
Tobacco, il employait près de 3000 employés dans les bâtiments
de la rue Saint-Antoine. Il possédait également des usines
ailleurs, notamment à Granby.
Vers 1940, l’usine de
Saint-Henri comptait 1050 employés.
« Au cours du dernier
siècle, « l’Impérial » a toujours
bénéficié d’une grande sympathie
de la part de ses employés et de la
population en général. Travailler
à « l’Impérial » était prestigieux
et sécurisant. »**
À l'automne 2003, l'usine
a été fermée au terme d'une
exploitation remontant à 1907.
Environ 580 postes ont été
abolis à Montréal. La fabrication
a été entièrement transférée
en Ontario.
Mortimer Davis possédait une superbe maison dans le Golden-Square-Mile.
Au XIXe siècle, les richissimes de Montréal avaient installé leurs somptueuses demeures dans un territoire d’approximativement un mille carré, s’étendant entre les rues Guy et Berri, et entre René-Lévesque et le Mont-Royal (avenue des Pins). La plupart de ces demeures sont aujourd’hui disparues, mais la résidence Davis existe toujours. Elle est située au 1020, avenue des Pins Ouest (coin Peel) et appartient à l’Université McGill.
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Histoire du tabac
« Si l'on se fie aux plus récentes découvertes de l'archéologie,
l'usage du tabac remonte au moins au premier siècle avant Jésus-Christ,
époque à laquelle les Mayas, dont la civilisation florissait en
Amérique centrale, fumaient les feuilles de cette plante au cours de
cérémonies rituelles et religieuses.
Entre 470 et 630 après Jésus-Christ, ces Mayas commencèrent
à se disperser, certains jusque dans la vallée du Mississipi.
Les Toltèques, qui allaient leur succéder et créer le puissant empire
aztèque, empruntèrent cette habitude de fumer des Mayas qui ne
participèrent pas à cet exode. On vit alors naître deux castes de
fumeurs : ceux de la Cour de Montezuma qui mélangeaient leur
tabac à la résine d'autres plantes et fumaient cérémonieusement la
pipe après le repas du soir, et les Indiens plus modestes qui roulaient
tout simplement leurs feuilles de tabac pour en faire un cigare
moins sophistiqué.
Quant aux Mayas qui s'établirent dans la vallée du
Mississipi, ils ne tardèrent pas à transmettre leur habitude aux
tribus qui les entouraient et qui intégrèrent rapidement l'usage du
tabac à leur propre religion.
Signalons enfin que les Indiens Arawak de l'Amazonie se
servaient également du tabac pour leurs cérémonies rituelles. C'est
ce peuple qui devait coloniser les Îles Bahamas, découvertes par
Christophe Colomb en 1492.
Femmes travaillant à l’Imperial Tobacco vers 1940.
(Photo : Société historique de Saint-Henri).
L'introduction du tabac en Europe
Les marins qui participaient à ces expéditions dans le
Nouveau Monde adoptèrent des Indiens l'habitude de fumer, et
cette coutume s'étendit très vite à toute l'Europe. C'est à Ramon
Pane qu'on attribue habituellement le mérite (sic) d'avoir rapporté
les premières semences de tabac en Europe. En 1559, Francisco
Hernandez, médecin personnel de Philippe II d'Espagne, allait
l'imiter en soumettant cette plante à l'examen de Sa Majesté.
Cependant, l'homme qui a le plus contribué à introduire le tabac
en Europe reste Jean Nicot, ambassadeur de France au Portugal,
qui expédia des plants de cette herbe à la reine mère de France,
Catherine de Médicis, en les lui recommandant pour leurs
propriétés curatives. C'est en son honneur, d'ailleurs, que la
botanique a donné au tabac le nom de Nicotiana.
Dès son arrivée en Europe, le tabac allait connaître un succès
extraordinaire. On ne le considérait, toutefois, que comme un
remède à toutes les maladies imaginables et c'est à l'Angleterre que
revient le mérite (resic) d'avoir découvert qu'on pouvait le fumer
pour le plaisir. Sir Walter Raleigh devait être le premier à lancer
cette mode dans la haute société britannique en fumant la pipe en
1586. Son éternelle pipe d'argile étonnait tous les visiteurs étrangers
qui ne tardèrent pas à imiter leur hôte et à répandre l'usage du
tabac à travers le monde.
Les Européens adoptèrent différentes façons de consommer le
tabac : pipe, cigare, tabac à priser, tabac à chiquer. Mais ce n'est
que beaucoup plus tard que la cigarette fit son apparition.
La cigarette
La cigarette vit le jour en Turquie. C'est au cours de la
guerre de Crimée, en 1855, que des officiers turcs la firent
découvrir à leurs alliés anglais et français qui, à leur tour, la firent
connaître à leurs compatriotes. La cigarette n'allait, toutefois,
connaître le succès que trente ans plus tard, quand des officiers
anglais, revenant d'une longue campagne en Égypte, en
rapportèrent de vastes provisions dans leur pays. Enfin, en 1865,
un Américain inventait une machine spéciale pour la fabriquer et
à partir de ce moment-là, il devint possible de se la procurer à un
prix raisonnable. »***
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* Donald Mackay. The Square Mile. Merchant Princes of Montreal.
** Jean Gilbert.
*** Texte tiré du site internet d’Imperial Tobacco.
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