24 École Ludger-Duvernay

770, rue du Couvent
Source : Archives CSDM

C’est en janvier 1962 que la CECM décide de construire dans Saint-Henri, en un seul édifice, une école pour garçons et pour filles. Le 23 janvier, le surintendant de l’Instruction publique, Omer Jules Desaulniers, approuve la décision de la CECM.

Le 16 août, la CECM confie la préparation des plans aux architectes Maurice Roux, Jean Morin et Charles Langlois. Le plan initial prévoit 16 classes de garçons et 16 classes de filles.

Au début, on pense la construire à l’emplacement du pensionnat l’Ange Gardien* (plus près de la rue Saint-Jacques), mais, peu après, on change d’idée en choisissant de le faire à côté.

En août 1963, survient cependant un pépin. À l’époque, l’Église est omniprésente dans la vie scolaire. Souvent, des conflits surgissent entre celle-ci et la majorité des commissaires de la CECM qui, particulièrement au début du siècle, adoptent des positions progressistes réprouvées par l’église. La construction d’une école où se côtoieront garçons et filles, même s’ils sont dans des classes séparées, ne plaît pas au clergé.

Le président de la CECM, Marc Jarry, reçoit donc une lettre du surintendant de l’Instruction publique pour lui signaler que le cardinal Léger s’oppose aux écoles jumelées. Il préfère les écoles séparées.

« Cependant, il nous semble que la densité de la population dans les principaux quartiers de Montréal ne justifie pas la construction d’écoles mixtes ou jumelées. On pourrait construire une école de garçons et une école de filles complètement séparée (…) Il me semble qu’on prenne l’habitude abusive de ces écoles jumelées (mixtes), sans nécessité absolue » écrit Jean-Paul Charbonneau au nom de Son éminence.»

Le surintendant ajoute : « Auriez-vous l’obligeance de me faire connaître les possibilités d’accéder à ce désir de Son éminence touchant ce projet ou tout autre du même genre à venir ».

Le 3 septembre, les architectes arrêtent leurs travaux. Mais, la CECM ne baisse pas les bras et plaide l’urgence. Finalement, en novembre, le cardinal cède aux arguments de la CECM et les travaux peuvent reprendre.

Mais ce n’est pas la fin des pépins pour les architectes. En décembre, le comité de construction rejette les plans parce qu’ils ne protègent pas les arbres. On voit que de petites préoccupations environnementales commencent déjà à poindre chez les administrateurs de la CECM.

Finalement, les esquisses préliminaires sont approuvées par la Commission scolaire le 18 juin 1964. En novembre, les plans définitifs sont présentés à Québec. Ils sont approuvés le 11 janvier 1965.

Coût prévu pour loger 1205 élèves (dont 50 de maternelle) : 818 780 $. La construction est confiée aux entrepreneurs Côté et Lavigueur Construction qui ne termineront les travaux que le 25 janvier 1966, bien que l’école ait reçu ses premiers élèves en septembre 1965.

Qui est Ludger Duvernay ?

Journaliste né à Verchères en 1799. Député de Lachenaye à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada (1837-38). Directeur fondateur du journal La Gazette de Trois-Rivières (1817-22). Fondateur en 1834, de l’Association Saint-Jean-Baptiste, devenue la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ; il a choisi ce nom parce que c’était celui que les Anglais, en dérision, donnaient aux Canadiens (*Voir activité pédagogique, ci-après). C’est lui qui a choisi la feuille d’érable comme emblème national des Canadiens. Directeur fondateur, avec Augustin-Norbert Morin, du journal La Minerve (1827-37 et 1842-52) et propriétaire du journal Spectator (1827). Patriote interdit de séjour par proclamation du gouverneur Durham, le 28 juin 1838, pour sa participation à l’insurrection de 1837-38. Décédé à Montréal en 1852.

Activité pédagogique

  • À cette époque, le mot « Canadien » ne voulait pas dire la même chose qu’aujourd’hui. Qu’est-ce que ça voulait dire ?
  • La feuille d’érable n’était pas l’emblème des Ontariens anglophones. De qui était-elle l’emblème ?
  • Recherche : Qui étaient les « Patriotes » ?

Les professeurs lors de l’ouverture de l’école (1965-66)

Nicole Tellier, Doris Lachapelle, Denise Riopelle, Lucille Forcier-Pelland, Jeannette Vary Couillard, Marie-Paule Cyrenne, Soeur Maria Goretti, C. Courtemanche, Lise Michaud, France Kane, Jeannine Richard, Monique Beaupré, Francine Pilon, Soeur Agnès de l’Enfant-Jésus (Soeur Sainte-Anne), Lucie Boyer, Suzanne Lavallée, Claudette Leboeuf, Jeannette Charrette, Lise Paquette, Lucille Sanssouci, Soeur Marie-Rose Anita, Diane Farndon Poulin, Rolland Bellerose, Muriel Levasseur, Soeur Marie-Cécile-du-Carmel (Soeur Sainte-Anne), Claire Hébert-Morin, Georges H. Létourneau, Marcel Lahaie, Soeur Marie-Bernadette-de-l’Eucharistie (Soeur Sainte-Anne), Lise Voyer, Michelle Leduc, Églantine Bulteau, Soeur Marie-Jean-Philippe (Soeur Sainte-Anne), Soeur Marie-Julienne-du-Précieux-Sang (Soeur Sainte-Anne).

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* Le pensionnat l’Ange Gardien portera par la suite le nom d’école Saint-Raymond.

 

 
 
 

 

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