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2 Siège social de la compagnie Imperial Tobacco

3810, rue Saint-Antoine Ouest
Sources : Site internet d’Imperial Tobacco + Le Devoir

Imperial Tobacco Canada est, depuis plus de 80 ans, le plus important producteur de tabac au Canada (61 % du marché en 2002). Inauguré officiellement le 6 mai 2002, le nouveau siège social d'Imperial Tobacco Canada est situé sur la rue Saint-Antoine, en face de l'ancienne usine et siège social. D'une superficie de 16 258 mètres carrés, ce nouvel édifice est considéré comme l'un des plus grands sièges sociaux canadiens abritant une seule entreprise.

À l'automne 2003, l'usine de Montréal a été fermée au terme d'une exploitation remontant à 1907. Environ 580 postes ont été abolis à Montréal. La fabrication a été entièrement transférée en Ontario.

Actuellement, Imperial Tobacco compte près de 1000 employés à travers le Canada.

Le Devoir

Éditorial de Michel Venne, vendredi 26 novembre 1999

« Marchands de poison»

« L'étau va-t-il se resserrer sur les compagnies canadiennes de tabac ? Le ministre fédéral de la Santé, Allan Rock, a fait beaucoup de tapage à leur sujet cette semaine. Mais jusqu'où voudra-t-il contraindre les activités de ces marchands de poison ?

M. Rock a orchestré cette semaine un savant coup médiatique. En rendant publiques quelque 1200 pages de documents incriminants pour les compagnies de tabac, il s'est adjoint une vedette de la lutte antitabac américaine dont les péripéties ont inspiré le scénario d'un film à succès (The Insider/L'Initié) mettant en vedette Al Pacino et Russel Crowe.

Le véritable initié, c'est Jeffrey Wigand, un biochimiste, ancien directeur de la recherche chez Brown and Williamson (B&W), une importante compagnie de tabac aux États-Unis, qui, après avoir été congédié, a révélé les méthodes employées par cette industrie pour perpétuer son existence en courtisant les jeunes et en modifiant la composition de ses produits de manière à entretenir une accoutumance.

Wigand aime à répéter que la cigarette n'est qu'un dispositif pour administrer de la drogue, en l'occurrence de la nicotine. Il ajoute que les compagnies de tabac savent depuis longtemps que leurs produits causent le cancer et tuent des millions d'humains.

Cet homme doit aider le gouvernement fédéral à décrypter le contenu des documents rendus publics le même jour par M. Rock.

Le contenu de ces documents était déjà connu. En avril dernier, un groupe de lutte contre le tabagisme avait dévoilé une série de notes internes provenant des archives de la British American Tobacco dont Imperial Tobacco, de Montréal, est une filiale. Ces documents révélaient que cette entreprise avait commandité des études comportementales sur les jeunes pour découvrir comment leur donner envie de commencer à fumer.

Il y a une dizaine de jours, la même organisation (les Médecins pour un Canada sans fumée) avait rendu publics d'autres documents qui montraient que les compagnies de tabac avaient réalisé des recherches pour augmenter l'effet de la nicotine et ainsi accroître l'accoutumance des fumeurs.

Cette semaine, M. Rock avait l'air de découvrir ces informations. Il a déclaré : "Nous commençons à voir l'industrie du tabac comme elle est vraiment." Puis il a promis de « réagir en conséquence»

Qu'est-ce que cela veut dire ? Est-ce que cela signifie que, comme en Colombie-Britannique et dans plusieurs États américains, le gouvernement canadien va poursuivre les compagnies en justice pour recouvrer les coûts du système de santé imputables au tabagisme ?

Est-ce que cela nous mène à de nouvelles hausses de taxes sur le tabac, sachant que chaque hausse de 10 % de la taxe entraîne une baisse de 4 % de la consommation ? Est-ce qu'il va réglementer la composition des cigarettes pour en réduire la toxicité ?

Après tout, si les gouvernements adoptent allégrement des lois pour réglementer le comportement des consommateurs (en interdisant de fumer dans les lieux publics, au bureau, dans les restaurants) ou pour surveiller le commerce du tabac auprès des mineurs, pourquoi ne s'attaquerait-il pas au problème à sa source en contraignant les activités de ces entreprises dont les produits tuent 45 000 personnes au Canada chaque année, selon le gouvernement fédéral ?

Jusqu'à présent, les gouvernements se sont bornés à restreindre la publicité et à obliger les fabricants à afficher sur leurs produits des mises en garde contre les effets nocifs de leur usage pour la santé. Par le passé, les fabricants ont contesté avec succès les restrictions à la publicité en invoquant la liberté d'expression.

Car le grand paradoxe dans cette histoire, c'est que si les compagnies de tabac vendent librement du poison, c'est qu'elles y sont autorisées. Leurs activités sont légales. Le commerce de leurs produits n'est pas prohibé. Pour être plus efficace dans la lutte contre les effets nocifs du tabagisme, l'État devra resserrer la contrainte sur les fabricants eux-mêmes. »

 

 
 
 

 

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