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633, rue de Courcelle
Source : Archives CSDM + Guy Giasson
L’école actuelle date des années 1960. Elle remplace une
ancienne école du même nom qui était située sur la rue Saint-Jacques.
L’ancienne école
L’ancienne école Charlevoix a été construite en 1895 par
la Municipalité scolaire* de St-Henri et ouverte en 1896.
Réservée aux garçons, elle était située sur la rue St-Jacques, entre
De Courcelle et Desnoyers, à peu près à l’emplacement de la
première école du village, en 1810**. Les Frères de l’Instruction
chrétienne*** en assumaient la responsabilité.
Au début, l’école portait le nom de Collège Sainte-Élisabeth.
C’est en 1931 que le Collège a changé de nom pour
celui d’École Charlevoix, en l’honneur du Révérend Père Pierre-François-
Xavier de Charlevoix (1682-1721), prêtre de la
Compagnie de Jésus, professeur, biographe et historien réputé,
qui a écrit de nombreuses relations sur la Nouvelle-France.
La nouvelle école
La décision de reconstruire l’ancienne école Charlevoix,
devenue désuète, a été prise par les commissaires de la CECM
le 16 mai 1963.
En septembre 1964, le sous-ministre de l’Éducation
Arthur Tremblay approuve les plans de l’architecte André
Blouin.
En février 1965, la CECM procède à l’ouverture des
soumissions des contracteurs. Le plus bas soumissionnaire est la
firme Tomassini & Frères Ltée. Il demande 357 000 $ pour
effectuer les travaux.
La CECM décide alors de reprendre tout le processus, car
le budget prévu par le MEQ n’est que de 230 000 $.
Entre temps, des maisons ont été expropriées et démolies.
Le terrain, laissé à l’abandon, irrite les parents et ils font circuler
une pétition.
Pétition signée par de nombreux parents
1. Nous voulons que le projet de la nouvelle école paroissiale pour garçons soit repris et concrétisé, comme cela aurait dû se faire il y a deux ans. Nous voulons qu’une enquête soit faite sur l’état de l’immeuble de l’école Charlevoix par rapport à la sécurité des élèves occupants, et que les parents soient renseignés en toute vérité sur les conditions physiques du dit immeuble. Il résulte en effet que des risques graves d’écroulement total d’une poutre de soutien aient obligé la Commission d’interdire certains locaux de l’école. Les parents déplorent d’être mis à l’écart de toute possibilité de renseignements à ce sujet.
2. (..) C’est un fait scandaleux de voir ces terrains abandonnés comme dépotoirs de toutes sortes de déchets, dans un secteur paroissial où l’école des garçons est un véritable danger et où les enfants, très nombreux, n’ont aucun parc d’amusement. Les Parents de Ste-Élisabeth sont vivement indignés d’assister à une semblable façon d’emploi de l’argent public, et soulignent une fois de plus l’esprit discriminatoire des autorités scolaires de Montréal, foncièrement et impudiquement bourgeois, plein de mépris pour les secteurs prolétariens. (…)
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En juillet 1966, la CECM prend finalement la décision
d’abandonner les plans initiaux, pourtant fort originaux, et
d’utiliser ceux d’une école déjà construite****. Nouvel appel
d’offres et, le 30 août, nouveau refus du MEQ. Le plus bas
soumissionnaire demande 516 000 $ alors que le MEQ
prévoit 450 000 $.
Après discussion avec l’entrepreneur, on s’entend pour
495 323.20 $ (sic). L’école
ouvrira finalement ses portes en
septembre 1967 et les travaux seront entièrement
terminés le
18 janvier 1968.
Faut-il tirer une morale de l’histoire alors que le prix
finalement payé (495 323.20 $)
fut largement supérieur à
celui refusé en février 1965 (357 000 $) ?
Menace de fermeture
À peine douze ans après son ouverture, la CECM
envisage de fermer l’école. Le 20
décembre 1979, un débat
animé a lieu au conseil des commissaires. Heureusement,
grâce
à la commissaire Rollande Pelletier, la proposition est battue.
La victoire est cependant fragile, car, en juin, avec une
inscription prévue de 150
élèves, la commissaire ne peut éviter
l’annexion à l’école Ludger-Duvernay. Le 25 juin
1980, on
abolit le poste de directeur pour le remplacer par une direction
adjointe.
En 1986, l’école échappe encore une fois à une éventuelle
fermeture. Cette fois c’est
un projet en provenance de l’Hôpital
Sainte-Justine qui sauve la mise. En collaboration
avec la
CECM, l’hôpital décide de tenter une expérience avec les
enfants audi-muets
pour leur permettre d’intégrer un milieu
scolaire régulier. Deux conditions sont
requises : des locaux
disponibles, mais surtout un milieu accueillant. L’école
Charlevoix répond aux deux critères.
Depuis cette époque, on retrouve donc une population
d’enfants audi-muets qui
cohabitent avec des élèves réguliers à
l’école Charlevoix.
L’école compte actuellement 125 élèves réguliers et 36
élèves audi-muets.
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* Municipalités scolaires est l’ancien nom utilisé pour désigner les commissions scolaires.
** Elle était située près de la rue de Courcelle. À l’époque, la rue Desnoyers n’existait
pas encore
(Source : Guy Giasson). Voir Fiche 12 pour l’école de 1810.
*** Ne pas confondre les Frères de l’instruction chrétienne et les Frères des écoles
chrétiennes.
Ce sont deux communautés différentes. Les Frères des écoles chrétiennes
enseignaient au Collège
Saint-Henri, situé à l’emplacement de l’actuelle école
secondaire. Quant aux Frères de l’Instruction
chrétienne, leur congrégation provient de
Ploermel (France) et a été fondée par le Vénérable
Jean-Marie Robert de la Mennais.
****L’école Saint-Benoit dont l’architecte est Jean Charbonneau.
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