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Ancienne école Sainte-Élisabeth du Portugal
(Coopérative d'habitation Solidarité du Sud-Ouest) |
660, rue de Courcelle
Sources : Archives CSDM + Confédération québécoise des coopératives d’habitation + Guy Giasson
La première école
C’est en 1896 que
les Soeurs Sainte-Anne
prennent en mains l’enseignement
des filles dans
la paroisse Sainte-Élisabeth-du-Portugal. La
nouvelle école est située au 338, rue de Courcelle, près de
Notre-Dame. Elle compte 250 élèves et dépend de la
Municipalité scolaire de Saint-Henri, une ancienne commission
scolaire aujourd’hui disparue.
En 1905, on y ajoute une résidence pour les religieuses.
L’école est également agrandie en 1908, par l’ajout d’un
troisième étage.
En 1909, l’évêché détache les paroisses Sainte-Clotilde et
Saint-Zotique de la paroisse Sainte-Élisabeth. De ce fait, l’école
se trouve dans les limites de la paroisse Saint-Zotique. Elle
aurait alors changé de nom pour celui d’école Saint-Zotique
(filles).
Cette école et la résidence qui y était accolée sont
aujourd’hui disparues.
Qui est Sainte Élisabeth ?
- Dans l’évangile de Luc, Élisabeth est l’épouse stérile du prêtre Zacharie, miraculeusement mère de Jean Baptiste. On la fête le 5 novembre.
- Sainte Élisabeth (du Portugal) (1271-1336) épousa Denis, roi du Portugal, pour mettre fin au conflit qui opposait le Portugal et la Hongrie, pays de sa famille.
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La deuxième école
En scindant les paroisses, la paroisse Saint-Élisabeth se
retrouvait donc sans école paroissiale. Bien qu’à l’époque, les
écoles étaient sous la juridiction d’une commission scolaire, il
était de coutume qu’on construise une école dans chaque
paroisse.
En 1912, afin de se doter d’une école paroissiale, on
transforme donc l’ancienne église Sainte-Élisabeth en école.
Quatre classes sont aménagées.
La nouvelle école (troisième école)
Dans les archives de la CSDM, on trouve peu de choses
sur la période de la troisième école (le bâtiment actuel). On sait
seulement que sa construction commence le 30 août 1931 et
qu’elle ouvre ses portes en juin 1932. Nous n’avons pu retrouver
la date précise de la construction de la résidence des religieuses,
située à l’arrière.
La première directrice de cette nouvelle école fut la
Révérende soeur Marie-Octave qui occupa le poste de 1931 à
1937.
Les archives de la CSDM contiennent quelques rapports
statistiques avec, en 1953, une donnée inhabituelle, « l’origine
raciale des élèves ». Selon ce rapport, les élèves (filles) se
répartissent en quatre « races » (sic) : française (333 élèves),
italienne (14 élèves), irlandaise (4 élèves) et anglaise (1 élève).
Total : 352 élèves. Aujourd’hui on ne parlerait pas de races pour
décrire ces groupes, mais d’ethnies, de groupes ethniques ou
encore de communautés culturelles.
Les archives nous apprennent enfin qu’en 1976, l’école
est devenue un Centre et ne desservait plus les élèves réguliers
des secteurs primaire ou secondaire.
Le bâtiment a été vendu à la ville de Montréal en
septembre 1983. Prix : 19 950 $. Le terrain, quant à lui,
n’appartenait pas à la CECM. L’école était construite sur un
terrain loué par bail emphytéotique aux Prêtres de Saint-Sulpice.
Les deux bâtiments (l’école et la résidence des soeurs) ont
été transformés en coopérative d'habitation, en 1984. Il s’agit de
la coopérative d’habitation Solidarité du Sud-Ouest.
D’où viennent les coopératives d’habitation ?
(Voir aussi Fiche 11)
« C'est dans les années 70 que les premières coopératives
d'habitation à propriété collective, sans but lucratif et entièrement
gérées par leurs membres, telles qu'on les connaît aujourd'hui, ont
vu le jour au Québec. C'était l'âge d'or du « peace and love », mais
aussi celui du développement urbain tous azimuts, qui aggravait les
problèmes de logement des moins nantis dans les villes.
C'était également l'époque du militantisme, où
revendications et manifestations se tramaient à tous les coins de rue.
Pendant que les bulldozers démolissaient des maisons pour
construire autoroutes urbaines et tours de béton, des groupes de
citoyens mécontents protestaient jusque dans les bureaux des maires
et des développeurs.
Parmi leurs revendications, de l'aide gouvernementale pour
démarrer des coopératives d'habitation. On voulait acheter et
rénover des vieilles bâtisses et en construire des nouvelles. Certaines
luttes épiques ont ainsi contribué à sauver des dizaines d'immeubles
et ont conduit à la création de plusieurs coopératives d'habitation.
Les premières coopératives sont apparues dans les régions de
Sherbrooke, Québec, Montréal et Hull. Puis, à la faveur des
programmes d'aide mis sur pied par le gouvernement fédéral, en
1973, et par Québec, en 1977, et grâce à l'appui de groupes de
ressources techniques, la formule coopérative en habitation s'est
répandue dans tout le Québec.
Ce Mouvement est aujourd'hui bien enraciné dans
l'ensemble des régions du Québec. La formule coopérative en
habitation s'avère la voie d'avenir la plus prometteuse pour combler
les besoins de logement de plus en plus de personnes, de différents
horizons culturels et de diverses catégories de revenus, favorisant
ainsi une mixité, une solidarité et une plus grande cohésion sociale
dans leur milieu. »**
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* Cette information sur le nouveau nom provient d’anciens du quartier. Dans les archives
de la CSDM, on ne trouve aucune trace de ce qu’il advient de cette école. Il serait
intéressant de faire une recherche dans les archives des Soeurs Saint-Anne pour voir s’il
existe des traces de cette école. Voir aussi Fiche 39 pour l’histoire de l’ancienne école
Saint-Zotique (garçons).
** Site internet de la Confédération québécoise des coopératives d’habitation.
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