8   Où est passée la caisse d'assurance-emploi ?

Statistiques et carte : Danièle Dorval et James Massie, Direction de la santé publique de Montréal.
Photo : Locaux du Carrefour Jeunesse Emploi du Sud-Ouest.

On considère généralement qu'un taux de chômage de 3 % dans un pays signifie le plein emploi. À ce taux, les gens qui sont en chômage sont surtout ceux qui choisissent de ne pas travailler.

Le taux de chômage

La comparaison entre les deux villages permet de mieux saisir la situation dramatique des familles de Saint-Henri. Dans le Upper Westmount, là où se retrouvent les riches industriels, nous avons affaire à une situation de plein emploi. Dans le Lower Westmount, un problème commence à se dessiner. À Saint-Henri, c'est le drame.

Un drame qui se comprend fort bien quand on regarde les fermetures d'usines depuis une vingtaine d'années ! Après avoir extirpé sang et eau des ouvriers de Saint-Henri pour construire leurs immenses fortunes, les industriels ont trouvé des endroits moins chers pour transporter leurs pénates, là où les travailleurs sont encore plus exploités qu'à Saint-Henri. Les compagnies de jouets comme Coleco, par exemple, ont été intégrées à de grands conglomérats et ont migré dans les zones franches d'Asie, là où l'on fait travailler les enfants dans des conditions qui s'apparentent à l'esclavage.

Le taux de chômage de Saint-Henri n'a rien à voir avec la paresse de ses habitants. Quand les usines embauchaient, les gens de Saint-Henri travaillaient tous et trimaient dur.

Le chômage des gens de Saint-Henri a bien plus à voir avec des gouvernements complaisants qui laissent l'argent des impôts fuir dans les paradis fiscaux, qui coupent dans l'assurance-emploi détournant ainsi l'argent accumulé par les travailleurs, qui donnent des millions en subventions aux multinationales sans s'assurer que celles-ci laisseront ici les bâtiments et la machinerie qu'elles ont achetés avec ces subventions.

Le RÉSO

Suite au déclin économique amorcé en 1950, la mobilisation surgira à la fin des années 1980. Urgence Sud-Ouest s'organise pour stopper les pertes d'emplois. L'organisme oeuvre aujourd'hui sous le nom de Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RÉSO). Le regroupement s'est donné pour mission le développement de l'emploi pour la population locale, l'accessibilité au logement, la qualité de vie, l'aménagement du territoire, la formation de la main-d'oeuvre ainsi que la réponse à divers besoins sociaux.

Une longue tradition syndicale

Le RESO est né d'une association entre syndicalistes et gens d'affaires. Les syndicalistes qui ont fondé le RÉSO avaient derrière eux une longue tradition ancrée notamment dans le quartier Saint-Henri.

L'histoire débute au milieu du XIXe siècle sur le chantier du canal Lachine où les immigrants irlandais doivent signer des contrats qu'ils ne comprennent pas. Payés un écu par jour, ceux-ci travaillent 16 heures par jour et sont obligés d'acheter leur nourriture et leurs vêtements dans les magasins des compagnies qui vendent plus cher qu'ailleurs. La promesse des compagnies de loger les ouvriers n'est souvent pas respectée ; les logements sont plus des abris de fortune qu'autre chose. Ces ouvriers irlandais ont cependant connu les chantiers anglais où ils étaient tout autant exploités. Ils décident donc de s'organiser. La première grève du canal éclate en 1843. Elle fera l'objet de la plus sanglante répression de l'histoire ouvrière du Canada.

C'est aussi dans Saint-Henri qu'en 1891, a lieu la première grève de l'industrie textile, à la Merchant's, là où Madeleine Parent s'est fait connaître dans les années 1940.

C'est encore à Saint-Henri qu'une autre syndicaliste célèbre, Léa Roback, a travaillé à l'organisation des travailleurs de la RCA Victor.

Bref, le RÉSO est né dans ce creuset progressiste préparé par les grands syndicalistes des XIXe et XXe siècles.

Site Internet du RÉSO : www.resomtl.com

Euréka

Euréka est un centre d'aide à la recherche d'emploi pour les hommes et les femmes de plus de 40 ans. On y offre des cours et on peut participer à des clubs de recherche d'emploi. Adresse : 4377, rue Notre-Dame Ouest. Téléphone : 937- 8998.


Carrefour Jeunesse Emploi

Une des créatures du RESO est le Carrefour Jeunesse Emploi du Sud-Ouest de Montréal, un organisme qui offre du soutien aux chômeurs de 16 à 35 ans. On y trouve toute une gamme de services gratuits : affichage d'emplois, préparation d'un C.V., orientation, support à la préparation d'une entrevue, etc. L'organisme est situé au 3173-D, rue Saint-Jacques, au coin d'Atwater. Téléphone : 934-2242. Site Internet : http://www.cjeso-mtl.org

 

 
 
 

 

 

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