25  L'autoroute du ciel

Sources : Ministère des Transports ; Équiterre.
Photo : L'autoroute, rue Cazelais.

À Saint-Henri, l'autoroute est dans le ciel. Au nord et à l'ouest, elle surplombe le quartier, passant parfois presque au-dessus des maisons, comme sur la rue Cazelais.

Chaque jour de l'année, il passe en moyenne 125 000 véhicules sur l'autoroute Ville-Marie. Il en passe 100 000 sur la portion de l'autoroute 15 à l'ouest du quartier*. C'est considérable.

Sans doute, les gouvernements ont-ils construit cette horreur en se disant que les gens de Saint-Henri étaient si habitués à la boucane des locomotives à charbon qu'ils ne réagiraient pas à cette nouvelle agression, moins dangereuse pour la santé.

Cette autoroute du ciel ne se contente cependant pas de polluer le ciel de Montréal. Elle pollue aussi les riverains par le bruit. Aucun muret antibruit ne la borde alors qu'elle passe pratiquement à côté de certaines maisons. Sans doute, les citoyens de Saint-Henri n'ont-ils pas la même influence sur les décideurs que ceux de Ville Mont-Royal où l'autoroute métropolitaine passe non seulement au niveau du sol**, mais est bordée d'un mur antibruit.

Quant à parler de la pollution visuelle qu'une telle horreur constitue, ce semble avoir été le moindre des soucis des concepteurs de l'échangeur.

Réduire la pollution

Est-il possible de réparer ce gâchis ? Oui, en partie. Cela implique que les gouvernements changent d'attitude.

Il est d'abord possible de construire des murs antibruit là où c'est nécessaire.

Surtout, il est possible de prendre résolument le virage vers le transport en commun.

Un autobus= 50 autos de moins.

Une bici= une auto de moins ou 5 tonnes de CO2 en moins par année.

Enclavant Saint-Henri par le nord et l’ouest, l’autoroute Ville-Marie et l’échangeur Turcot, laissent une impression de domination par leur hauteur et leur quasi-incontournable présence dans le paysage. En 1966, l’échangeur Turcot fut juché à 30 mètres au-dessus du quartier pour accommoder le passage de navires dans le canal Lachine. Ce canal, fermé deux ans plus tard, n'a pas permis l'ajustement de la hauteur de l'infrastructure. Cette barrière, qui à première vue semble symbolique, est pourtant réelle. L’autoroute Ville-Marie ajoute à la frontière physique (butte) entre Saint-Henri et Westmount, deux villages séparés par une différence d’espérance de vie qui dépasse une décennie. Pollution visuelle, symbole de clivage social, les autoroutes n’ont pas fini d’imposer leur présence aux habitants du quartier.

 

Sur le site d’Équiterre, on lit que…

  • Un ménage de deux adultes vivant dans la région de Montréal et qui utilise chacun leur voiture (18 000 km au compteur pour chaque véhicule) devra débourser en moyenne 18 000 $ par année.
  • En 2002, selon le bilan routier de la SAAQ, l’automobile a été responsable de 703 décès, 5 448 blessés graves et 47 937 blessés légers. L’automobile est sans contredit le plus dangereux des moyens de transport qui existe.
  • Selon le gouvernement du Canada, 16 000 personnes, surtout des personnes âgées ayant des problèmes respiratoires, décèdent prématurément à cause de la mauvaise qualité de l’air dans les villes, et ce, chaque année. Dans la région de Montréal, il s’agit de 1 900 décès prématurés par année.
  • Les polluants associés à l’automobile causent et aggravent des maladies respiratoires (dont l’asthme) et sont potentiellement cancérigènes pour certains.
  • Les polluants émis par la voiture sont responsables en grande partie de la formation de l’ozone de surface (principal ingrédient du smog), des pluies acides et du réchauffement climatique. 37 % des gaz à effet de serre au Québec sont attribuables au transport. Les conséquences sont de plus en plus nombreuses et intenses.
  • La température se réchauffe… elle a déjà augmenté de 0,6 degré Celsius et elle augmentera de 4 à 6 degrés Celsius (selon le modèle de calcul utilisé) d’ici les 100 prochaines années. Les conséquences seront désastreuses pour plusieurs pays du Tiers-Monde.
  • Une hausse de 5 degrés Celsius provoquerait une baisse de 30 à 40 % du débit du fleuve Saint-Laurent.
  • À Montréal, le parc automobile augmente plus vite que la population. Ainsi, au cours des 10 dernières années, la population s’est accrue de 1 % par année, le parc automobile a augmenté de 2 % par année et le nombre de déplacements par automobile a connu une hausse de 3 % par année. Une tendance durable, car, selon l’AMT, près de 300 000 véhicules s’ajouteront au 1,5 million déjà en circulation dans la région de Montréal d’ici 2007.

Une lecture incontournable

Richard Bergeron (1999). Le livre noir de l’automobile. Montréal : Éditions Hypothèse. Au secondaire, le mythe de l’automobile est omniprésent chez les élèves. Dans son livre, l’auteur déconstruit ce mythe en expliquant les conséquences de la multiplication des automobiles, mais aussi les mécanismes très puissants utilisés par la publicité pour vendre ce produit. Ce livre nous rend tous plus intelligents face à la publicité.


Activités pédagogiques

  • Secondaire : Avec les élèves, effectuer une recherche sur la pollution par le bruit et la pollution par la combustion automobile.
  • Organiser une campagne pour inciter le gouvernement à installer des murs antibruit le long de cette autoroute qui borde Saint-Henri.
  • Y a-t-il une piste cyclable à Saint-Henri ? Par où passe-t-elle ? D’où vient-elle ? Où mène-t-elle ? Qui s’en sert ? Quel « paysage » se déroule le long de la piste ? Inventoriez la faune et la flore le long de celle-ci.

______________
*Données du ministère des Transports.
**Nous sommes tellement habitués au décor de l'autoroute Métropolitaine que plus personne ne remarque que, pour une raison incompréhensible, cette autoroute suspendue descend au ras du sol en passant devant Ville Mont-Royal.

 

 
 
 

 

 

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