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De nos jours, le marché Atwater est peu utilisé par les
résidents de Saint-Henri. Hélas ! Pourtant, il y a peu de
marchés à Montréal, et Saint-Henri a la chance de posséder l'un
des plus importants.
La Fiche 20 explique pourquoi il est plus difficile de
s'approvisionner ailleurs qu'au dépanneur, sans compter que le
marché Atwater est orienté vers une population qui recherche
des produits sophistiqués, souvent chers.
Pourtant, on peut trouver au marché de bonnes aubaines
dans les produits frais. La découverte du marché et de ses
commerçants est donc importante pour ouvrir les horizons des
enfants, surtout si on veut modifier des habitudes alimentaires
qui nous font acheter les fruits et légumes en provenance des
États-Unis plutôt que du Québec. La lecture des ouvrages de
Laure Waridel nous explique comment la consommation de
produits québécois aide à l'équilibre écologique de la planète
(voir encadré).
Dans sa jeunesse, Lise Payette se rendait souvent au marché Atwater avec sa grand-mère.
« Ma Marie-Louise avait l’habitude de nous emmener au marché Atwater pour acheter la viande. Nous allions toujours chez Adélard Bélanger. À l’époque, nous pouvions passer derrière les comptoirs, et j’ai souvent vu ma grand-mère tâter la pièce de boeuf dont elle allait commander une tranche seulement. Elle avait besoin de toucher pour s’assurer que c’était bien à son goût. Le patron Adélard la traitait comme une princesse. C’est ainsi que font aujourd’hui encore les arrière-petits-fils d’Adélard avec mes enfants.
Je n’ai jamais abandonné cette fidélité aux Bélanger. Nous affichons quatre générations de part et d’autre, nous comme clients et eux comme patrons. Mon plaisir à moi, c’était de voir l’énorme balance qu’ils avaient pour peser les gros quartiers de viande. Je voulais me faire peser chaque fois. Le personnel coopérait. On offrait plutôt de me mettre sur le plateau de la petite balance, celle qu’on utilisait pour peser un kilo de steak haché. Je refusais, bien sûr, sentant bien qu’on se moquait de moi. Mais j’arrivais à obtenir qu’on me pèse. Et alors, on déclarait solennellement une fois que j’étais assise sur la grosse balance, que je pesais trois cent cinquante kilos. On le criait fort afin que tout le monde se retourne pour voir qui était cette énorme bête. Je regardais les gens autour de moi avec de grands yeux, sachant que le résultat était impossible, et j’attendais la réaction. Je quittais la balance avec horreur, sachant qu’on s’était payé ma tête encore une fois. Et pourtant, quelques semaines plus tard, je voulais recommencer. »* |
Le marché : un lien entre la ville et la campagne
S'approvisionner au Marché Atwater permet aux
résidants de tisser des liens entre la ville et la campagne. Le
programme d'agriculture soutenue par la communauté (ASC)
d'Équiterre ayant comme objectif de favoriser ces liens, offre la
possibilité à tous les citoyens de s'associer avec une ferme
biologique des campagnes environnantes, de recevoir des
aliments biologiques, de les visiter et même de participer aux
travaux. Site Internet : http://www.equiterre.org/agriculture
Lecture
- Laure Waridel (2003). L’envers de l’assiette. Et quelques idées pour la remettre à l’endroit. Montréal : Éditions Écosociété.
- Laure Waridel (2005). Acheter, c’est voter. Le cas du café. Montréal : Éditions Écosociété et Équiterre.
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L'origine des marchés
Les marchés ne datent pas d'hier et semblent avoir pris forme
naturellement au sein des communautés. Par exemple, les Iroquois,
vers 1500, qui travaillent les basses terres du Saint-Laurent,
échangent leur récolte le plus souvent entre villages et parfois avec
d'autres nations en faisant le voyage jusqu'au territoire de Tadoussac,
lieu de rencontre. Chez les Incas, les habitants des montagnes
descendent dans la vallée pour échanger, par exemple, du maïs contre
du bois dur et des plantes médicinales de la forêt amazonienne située
en basse altitude. Le troc est le moyen d'échange privilégié.
Les marchés sont présents encore aujourd'hui, en plusieurs
endroits. Ce sont des endroits où nous sommes assurés de pouvoir
acheter des produits locaux.
Des produits variés
- Des producteurs de fruits et légumes :
-concombres, tomates, etc.,
-canneberges,
-petits fruits et produits dérivés,
-légumes et produits biologiques,
-citrouilles,
-melons de Cavaillon,
-maïs,
-produits de l’érable,
-ail, fines herbes
-légumes miniatures,
-oeufs,
-miel,
-pommes et produits dérivés
-poires,
-têtes de violon,
-confitures,
-marinades,
-tartes, etc.
- Des producteurs de fleurs
- Plusieurs boucheries -De la viande du Québec : agneau, canard, etc.
- Des charcuteries
- Un saucissier
- Une boucherie biologique
- Des fromageries
-Des fromages du Québec
- Une poissonnerie
- Des produits en vrac
- Une boulangerie
- Des chocolats maison
- Une épicerie fine
- Une brûlerie (café)
- Un fabricant de pâtes fraîches
- Une SAQ spécialisée dans les produits québécois
- Des sushis
- Des producteurs de sapin de Noël
- (Au printemps), des plants de légumes, de fleurs, de fines herbes
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L'Halloween au marché Atwater
Activité pédagogique
- Plusieurs classes du quartier ont pris l’habitude de visiter le marché, une bonne façon d’ouvrir les horizons des enfants et de modifier des habitudes alimentaires.
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* Lise Payette (1997). Des femmes d'honneur. Une vie privée 1931-1968. Montréal :
Éditions Libre Expression. Pages 56-57.
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