15 Maman à 15 ans
Statistiques et carte : Danièle Dorval et James Massie, Direction de la santé publique de Montréal.
Photo : Famijeunes/Local Ensemble.
Les données sur les grossesses adolescentes entre
territoires de CLSC laissent songeurs. En effet, sur le territoire
du CLSC Saint-Henri, 4 % des naissances proviennent de
jeunes mères de 14 à 17 ans. Par comparaison, le territoire de
CLSC avec le plus haut niveau socio-économique n'en compte
que 0,8 %, 5 fois moins que le CLSC Saint-Henri. Il s'agit du
CLSC Lac Saint-Louis, dans l'ouest de l'Île.
Que de préjugés et de commentaires lapidaires n'entendon
pas sur ce phénomène ?
« Avec tous les moyens contraceptifs qui existent aujourd'hui,
il faut être bien innocentes pour avoir un bébé à cet âge-là ! »
« C'est une décision irresponsable que de garder un bébé à
cet âge ! »
« Comment ça fait que les parents ne sont pas intervenus
pour la faire avorter ? »
« Il s'agit de jeunes écervelées ! »
Si on regarde le résultat quinze ans plus tard, on peut être
tenté d'être en accord avec tous ces commentaires : en effet, la
situation de ces jeunes mères est habituellement « l'assistance
sociale ».
Toutefois, quand les gens passent de tels commentaires, ils
ne connaissent généralement pas l'histoire ni les motivations
profondes de ces jeunes. Car ces jeunes ne sont pas « écervelées ».
Elles ont d'abord une histoire derrière elles. Souvent leur
mère les a enfantées à un âge aussi précoce ; la grand-mère a
aussi enfanté la mère très jeune. À l'époque, c'était normal.
Généralement, le père ne désertait pas la famille ; et les usines
donnaient de l'emploi aux ouvriers, même si elles les payaient
mal. Mais, d'usines, il n'en reste plus. Quant aux pères, la
culture a changé et 50 % ne sont plus à la maison.
Quand on stigmatise les mères adolescentes, on oublie
aussi que plusieurs jeunes filles n'ont guère reçu d'amour dans
leur enfance. Pour elles, un enfant c'est une façon de se réaliser.
Bien sûr, on sait que la vie se chargera de défaire leurs illusions.
Mais ce n'est pas une raison pour les considérer comme des
écervelées. Il faut plutôt voir à leur donner du soutien.
L'école Rosalie-Jetté
Cette école reçoit les mères adolescentes et leur offre le soutien nécessaire pour continuer leurs études. Téléphone : 596-4240.
CLSC et Famijeunes
Les deux organismes offrent des services aux jeunes filles enceintes et à leurs familles. Téléphone de Famijeunes : 931-5115. Téléphone du CLSC : 933-7541.
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La Direction de la santé publique n'a pu nous fournir des statistiques sur les grossesses
adolescentes pour les territoires de Saint-Henri et de Westmount. Elle ne dispose que des
données par territoire de CLSC. Ces données sont évidemment moins précises, car le
vieux Saint-Henri est beaucoup plus pauvre que l'ensemble du territoire du CLSC Saint-Henri.
De même, Westmount est beaucoup plus riche que l'ensemble du territoire du
CLSC Métro.
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