11 L'immigration
Statistiques et carte : Danièle Dorval et James Massie, Direction de la santé publique de Montréal.
Statistiques sur les écoles : CSDM.
Photo : Centre communautaire de la Fondation canado-palestinienne du Québec.
Environ le septième des résidents du quartier sont des
immigrants.
Dans les écoles, cela se traduit par des élèves ayant une
multitude de langues maternelles et des défis importants en ce qui
concerne la francisation. À l'école secondaire Saint-Henri on
dénombre pas moins de 45 langues maternelles différentes ; les
francophones n'y représentent que 53 % de la population scolaire. À
Victor-Rousselot, avec 25 langues, la proportion de francophones est
encore plus faible, atteignant à peine 47 %. À Ludger-Duvernay et
son annexe Charlevoix, on dénombre 23 langues maternelles et une
proportion de 70 % de francophones. Enfin, à Saint-Zotique, avec
18 langues, la proportion de francophones est de 80 %.
| Langue maternelle des élèves (Sept. 2004) |
| |
École
St-Zotique |
École Victor
Rousselot |
Ludger-Duv./
Charlevoix |
École St-Henri |
| Français |
211 |
148 |
287 |
585 |
| Espagnol |
5 |
21 |
25 |
102 |
| Anglais |
18 |
42 |
44 |
59 |
| Bengali |
2 |
40 |
4 |
48 |
| Créole |
3 |
4 |
5 |
35 |
| Chinois |
3 |
5 |
3 |
34 |
| Arabe |
3 |
13 |
7 |
27 |
| Vietnamien |
|
4 |
8 |
26 |
| Russe |
3 |
|
3 |
26 |
| Tagal |
|
|
1 |
24 |
| Autres |
16 (10 langues) |
38 (17 langues) |
23 (13 langues) |
133 (35 langues) |
| Total |
264 |
315 |
410 |
1099 |
| Total (langues) |
18 |
25 |
23 |
45 |
Cela dit, Saint-Henri est loin d'avoir la plus grande
proportion d'immigrants dans ses écoles. Toutes proportions gardées,
Saint-Henri comptait, en 2001, près de deux fois moins
d'immigrants que Westmount. Dans certaines écoles de Côte-des-Neiges
et de Parc Extension, les parents de la quasi-totalité des élèves
sont immigrants.
Immigration : une longue histoire
Ce n'est pas d'hier qu'il y a des immigrants à Saint-Henri.
Jean Mouchère, le premier tanneur à s'y établir en 1685 était lui-
même un immigrant dans ce pays qui appartenait aux Amérindiens
(voir Série Bâtiments, Fiche 12).
Par la suite, à partir de 1825, il y a eu la grande vague de
l'immigration des Irlandais qui ont construit le canal Lachine. Enfin, au
tournant du XXe siècle, le quartier a connu l'immigration des Noirs
états-uniens (voir Série Culture, Fiche 17).
Cette immigration n'est pas sans conséquence sur l'évolution
du français dans le quartier, au Québec et au Canada.
En 1760, les Canadiens parlaient français et, ou l'une ou
l'autre des langues amérindiennes. En 1951, la proportion de
francophones au Canada était descendue à 29 % de la population
canadienne ; les langues amérindiennes à presque rien. Si l'on exclut
le Québec, la proportion de francophones dans le ROC (Rest of
Canada) avait chuté à un maigre 7,3 %*.
En 2001, les francophones ne représentaient plus que 22,9 %
de la population canadienne. Dans le ROC, la proportion avait
chuté à 4,4 %*.
Au terme de leur étude sur le sujet, Louise Marmen et Jean-Pierre
Corbeil (2004) concluent qu'il « est difficile d'imaginer un
scénario raisonnable qui pourrait renverser la tendance à la baisse du poids
du groupe de langue maternelle française dans l'ensemble du pays. »*
Qu'en est-il au Québec ? La loi 101 a certes ralenti le phénomène
d'anglicisation massive des immigrants qui était la règle avant
1977. Elle n'a cependant pas réussi à inverser la tendance. En effet, en
2001, la majorité des immigrants québécois adoptait toujours l'anglais
comme langue d'usage, cela dans une proportion de 54 %*.
Le CÉDA
Le CÉDA offre toute une gamme de services aux
immigrants : recherche d'emplois, accueil, francisation, jumelage
interculturel, traduction, accompagnement
auprès des organismes publics, etc.
Téléphone :
596-4422.
Site Internet : www.ceda22.com .
Francisation
Le Centre Saint-Paul offre des services de
francisation pour les parents.
Téléphone : 596-4544.
Site Internet : www.csdm.qc.ca/st-paul/accueilcentrestpaul.htm.
Activité pédagogique
Au-delà du débat sur l’indépendance du Québec, il est important que les francophones interviennent dans la vie de tous les jours s’ils veulent convaincre une plus grande proportion d’immigrants d’adopter le français comme langue d’usage à la maison. Le meilleur moyen est de bien recevoir les immigrants, qu’ils se sentent acceptés, qu’ils s’identifient à leur communauté d’accueil. Les enseignantes disposent de toute une série d’activités qui encouragent des liens plus fraternels entre la communauté d’accueil et les immigrants. Il faut juste se souvenir que, si nous négligeons ce genre d’activités en classe, le grand mouvement général d’assimilation continuera de s’accentuer.
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*Chiffres extraits d'une vaste étude intitulée « Nouvelles perspectives canadiennes »,
publiée par Statistique Canada. Rapporté dans La Presse du 7 décembre 2004.
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