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53  Maisons Hudon (1450 à 1526, rue Dézéry)

Sources : Isabelle Bisson-Carpentier ; Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve.
Photo (RC) : 1450 à 1526, rue Dézéry.

Entre le 1450 et le 1526 de la rue Dézéry, on trouve de très beaux exemples de ce qui est probablement des « maisons de compagnie », érigées par la filature de coton de Victor Hudon1 pour loger ses employés.

Ces habitations ont été construites avant 18902, vraisemblablement en 1881 ou 18853. Elles ont pu être bâties, comme les maisons Hudon de la rue Saint-Germain, pour permettre aux ouvriers de l’usine Hudon d’avoir un toit en période de crise du logement. En effet, la crise économique de 1874 et l’immigration des gens de la campagne vers la ville, ont provoqué un manque criant de logements à Montréal à cette époque4.

Ce gros employeur d’Hochelaga a donc décidé de construire 46 résidences privées. Le coût moyen des loyers était de 60 $ par année et la majorité des locataires étaient des journaliers5.

Les maisons de la compagnie Hudon sont caractéristiques de l’architecture des logements ouvriers de la fin du 19e siècle. Construites sur un carré de bois revêtu de brique, elles sont en enfilade et en bordure du trottoir. La façade est simple et sans balcon, seules les lucarnes et les corniches sont les éléments décoratifs. L’escalier est à l’intérieur et donne accès au logement du deuxième étage qui possède un petit étage supérieur aménagé sous les combles.


Maisons Hudon de la rue St-Germain, restaurées en 1981.

La compagnie Victor Hudon

À l’angle des rues Dézéry et Notre-Dame (du côté du port), se trouvait la Compagnie des moulins à coton Victor Hudon. Cette usine inaugurée en 1874 était la plus grosse filature de coton au Canada et le plus important employeur à Hochelaga (le village s’étendait alors dans le quartier voisin jusqu’aux rues Iberville et Frontenac).

L’usine fusionne à la filature Sainte-Anne en 1885 pour former la Hochelaga Cotton Mills. La Sainte-Anne était aussi située dans l’ancien village d’Hochelaga, près du port, mais à l’ouest de la voie ferrée du Canadian Pacific (CPR). Aujourd’hui, son emplacement ferait partie du quartier Sainte-Marie.

En 1905, la Hochelaga Cotton Mills sera intégrée au réseau de la Dominion Textile. L’usine est fermée en 1953 et l’édifice servira ensuite d’entrepôt. En 1978, le bâtiment est partiellement détruit par un incendie et sera finalement démoli l’année suivante.

L’usine Victor Hudon fut le théâtre de plusieurs grèves de ses employés réclamant de meilleures conditions de travail. Une première grève est déclenchée en 1880 pour la réduction des heures de travail; une deuxième en 1886, alors que les employés gagnent un dollar par jour pour 12 heures de travail, six jours par semaine. En 1890, la compagnie doit respecter une ordonnance de la cour et renvoyer 51 enfants n’ayant pas l’âge légal pour travailler. À cette époque, il n’était pas rare de voir des enfants travailler dans les usines, toujours dans des conditions extrêmement difficiles. L’usine emploie alors 1 100 travailleurs dont la moitié sont des femmes et des enfants. D’autres grèves surviendront en 1908, 1937 et 1952.

Activité pédagogique

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1. Après consultation de l’Index aux immeubles (en ligne), il apparaît vraisemblable, mais pas certain, que ces maisons ont été construites par Hudon. L’Index aux immeubles indique que Hudon a été mêlé à l’histoire du lot 54 (village d’Hochelaga), mais sans savoir s’il en a été propriétaire et moins encore s’il a fait construire sur le lot. Pour en avoir le cœur net, cela prendrait des recherches plus poussées, dans les rôles d’évaluation notamment. Compte tenu de leur ressemblance avec les maisons de la rue Saint-Germain, on peut cependant présumer que c’est la compagnie Hudon qui les a fait construire.
2. Elles sont présentes sur l'atlas Goad de 1890.
3. Selon les informations fournies par le rôle d’évaluation foncière, plusieurs des bâtiments construits entre le 1450 et le 1526, datent de 1885. Mais attention à la fiabilité de cette source, surtout pour le XIX e siècle.
4. Michèle Benoit et Roger Gratton (1991). Pignon sur rue. Montréal : Guérin éditeur. Page 142.
5. Source : Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve.

 

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