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44  Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve

Sources : Nicole Forget-Bashonga ; Yanick Pinel ; Christel Anne Noraz1.
Photo (RC) : Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve.

Depuis 2000, la Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve occupe les anciens locaux de la caisse populaire Hochelaga.

On compte plus de 1 300 cuisines collectives au Québec. La première, celle d’Hochelaga-Maisonneuve, a vu le jour en 1986, à l’initiative d’Annette Benoit et Jacynthe Ouellet. C’est dire la vitesse avec laquelle le mouvement se développe.

Ce projet est né d’un besoin d’entraide et de soutien afin de permettre à des familles défavorisées du quartier d’améliorer leurs conditions de vie en se donnant une alimentation saine à des coûts moindres.

«  On peut donner des cuisines collectives la définition suivante : un groupe de cuisines collectives est minimalement composé de 4-5 personnes qui se réunissent régulièrement (environ une fois par mois) pour cuisiner des repas ou des plats principaux (de 4 à 6 à chaque fois) pour elles-mêmes et leurs familles. Une cuisine collective peut réunir plusieurs groupes, comme c’est le cas pour la Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve. »1

«  La Cuisine collective est une alternative au dépannage alimentaire ‘traditionnel’, tel que proposé par les banques alimentaires ou les soupes populaires. Les repas sont préparés par les personnes bénéficiaires elles-mêmes et non par des tiers ; ils ne sont pas gratuits puisqu’ils sont en grande partie produits à partir de denrées achetées. 

De plus, la Cuisine collective entend travailler avec un objectif de ‘prise en charge’: plutôt que de fournir à des personnes un dépannage ponctuel (qui bien souvent d’ailleurs devient régulier), la Cuisine collective est une alternative concrète permettant de se passer de dépannage.  »2

«  La Cuisine collective H.M s’inscrit dans une démarche qui cherche des moyens collectifs de résoudre le problème de la faim ou de la malnutrition jusqu’alors vécu dans la sphère privée. »2

La période de croissance

Avec l’arrivée de Nicole Forget-Bashonga à la tête de l’organisme en 1993, la Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve a pris un essor considérable qui en fait aujourd’hui le point de mire du mouvement des cuisines collectives. Elle est dotée d’un budget dépassant le million de dollars.

Cette deuxième phase de développement a débuté en 1995, par la décision de déménager dans une maison moderne y occupant deux étages. Jusque-là, la Cuisine était logée sur la rue Nicolet.

En 1999, la Cuisine réussit finalement à acheter l’ancien édifice de la caisse populaire Hochelaga, grâce à des dons du syndicat des Métallos, des Sœurs Jésus Marie et de la caisse elle-même. Une subvention de la ministre de la Métropole, Louise Harel, permet d’effectuer les rénovations nécessaires. Une dernière subvention du CRDIM aide à enfin acquérir l’équipement requis.

Ce nouveau déménagement accélère le développement de deux autres volets : un volet « insertion sociale » (débuté en 1995) et un volet « entreprise d’insertion » (débuté en 1997).

Le volet « insertion sociale » est un programme de préemployabilité qui donne une formation de base en cuisine. Il permet de développer des habitudes de travail et des habitudes personnelles de rendement, d’hygiène, de santé. Il fournit également diverses méthodes de recherche d’emploi.

Quant au volet « entreprise d’insertion », il s’agit d’un programme de formation s’ouvrant sur un emploi. Les participants y apprennent le savoir-faire et le savoir-être. L’entreprise offre une formation d’aide-cuisinier et de cuisine d’établissement. Elle offre également au grand public un service de traiteur (excellent soit dit en passant) fonctionnant comme les services de traiteurs habituels.

Le gîte touristique

Lors de l’achat de l’édifice actuel, la caisse populaire Hochelaga a transféré à la Cuisine collective non seulement le bâtiment principal, mais également une petite maison située juste à l’arrière. La coordonnatrice a convaincu son conseil d’administration de développer un nouveau volet d’insertion en utilisant cette petite maison comme gîte touristique afin d’y faire de la formation à l’emploi.

Nouvellement aménagé, le gîte peut accueillir dix invités répartis dans quatre chambres. Il offre par ailleurs une formation pratique à 12 personnes inscrites dans un programme de préparation à l’emploi financé par Emploi-Québec et la CDEST.

Coupures en vue

Malgré les services exceptionnels qu’elle offre pour aider les personnes défavorisées à s’en sortir, la Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve a vu récemment son budget amputé de 50 000 $ en subventions gouvernementales, l’obligeant ainsi à réduire ses services psychosociaux. Il s’agit pourtant de services essentiels pour la réussite de la prise en charge par l’ensemble des participants. À surveiller.



Nicole Forget-Bashonga

 

Véritable dynamo dans le mouvement communautaire d’Hochelaga-Maisonneuve, Nicole Forget-Bashonga a un parcours de vie impressionnant.

Rareté parmi les animateurs communautaires, Nicole possède une solide formation en administration des affaires. Après avoir fait des études à l’UQAM dans ce domaine, elle a d’abord été responsable de l’administration au Pavillon d’éducation communautaire (1980-1984), puis attachée politique de Louise Harel (1984-1987).

De 1987 à 1993, elle s’est impliquée dans la coopération internationale, d’abord au Rwanda, puis au Bénin, occupant à l’OCSD (Organisation canadienne pour la solidarité et le développement) un poste de responsabilité important. Au cours de cette période, elle s’est également retrouvée responsable de la gestion des opérations au Chic Resto Pop, une autre organisation bien connue du quartier.

En 1993, elle devenait enfin coordonnatrice de la Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve.

À n’en pas douter, Nicole Forget-Bashonga doit être placée parmi les grandes visionnaires du mouvement communautaire d’Hochelaga-Maisonneuve. Une incontournable !

Adresse : 3568, rue Adam
Téléphone : (514) 529-0789

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1. Christel Anne Noraz (1996). Les cuisines collectives : émergence d’une nouvelle pratique de développement économique communautaire ?. In Économie et solidarités. Vol. 28, no 1. Montréal : Presses HEC. Page 44.
2. Idem, page 45.

 

 

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