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45   Énergie : le gaz

Sources : Gaz Métro; Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve; Paul Labonne; Ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs1.
Photo (Réjean Meloche. Archives de Gaz Métro ) : Siège-social de la compagnie Gaz Métro au 1717, rue du Havre, dans le quartier Sainte-Marie (ancienne municipalité d’Hochelaga).

L’utilisation du gaz n’est pas nouvelle dans Hochelaga-Maisonneuve. Elle remonte à 1872. La sorte de gaz utilisée alors n’est pas la même qu’aujourd’hui (voir encadré). L’ancien type de gaz était beaucoup plus polluant.

Il faut aussi savoir qu’il y a eu une évolution très importante de la consommation d’énergie depuis le début de la Révolution tranquille, en 1960. Ainsi, «  de 1962 à 2002, en quarante ans donc, la demande totale d'énergie au Québec a plus que doublé . »1

Les types d’énergie utilisés ont également beaucoup évolué. «  En 1962 par exemple, le charbon représentait 11 % de la consommation finale d'énergie au Québec, le pétrole 67 % et le gaz naturel 4%. Ces trois formes d'énergie fossiles accaparaient plus de 80% de la consommation finale d'énergie, l'électricité comptant pour le reste. Seulement dix ans plus tard, le charbon était presque totalement disparu du bilan.  »1 En 1982, vingt ans plus tard, «  le bilan énergétique québécois compte pour 53% de pétrole, 30% d'électricité, 9% de gaz naturel et 7% de biomasse . » 1

«  En 2002, l'électricité et le pétrole sont nez à nez à 38% du bilan énergétique québécois, le gaz naturel et la biomasse suivent respectivement à 13 % et
10%.
 » 1

Au plan de la pollution atmosphérique, on observe donc deux mouvements contradictoires. D’une part, les types d’énergie sont de moins en moins polluant. Ainsi le charbon (le plus polluant) et le pétrole (très polluant) ont progressivement cédé la place au gaz naturel (moins polluant) et à l’électricité (peu polluante). Malheureusement, cette amélioration a été neutralisée par une forte augmentation de la consommation générale d’énergie.

135 ans de présence du gaz dans Hochelaga

C’est en 1872 que la New City Gas Company of Montreal entreprend la construction de ses installations de la rue du Havre dans le village d’Hochelaga. Elles seront inaugurées l’année suivante. Située sur le site actuel de Gaz Métro, l’entreprise a alors comme voisin, au sud, la Montreal City Passenger Railway Company.

La New City Gas Company of Montreal est fondée le 28 juillet 1847 par Thomas Molson dans le but de concurrencer la Montreal Gas Light, créée une dizaine d’années plus tôt. Elle achète sa rivale le 1er novembre 1848 et fournit quelque 400 lampes à gaz pour l’éclairage des rues de Montréal, nombre porté à 700 en 1863. Le bec de gaz donne sans doute plus de lumière que la mèche à l’huile, mais ce système demeure peu satisfaisant en raison du peu de lumière qu’il procure et de l’entretien et de la manipulation qu’il nécessite. Des employés doivent ouvrir et éteindre tous les jours les becs de gaz qui peuvent s’éteindre d’un simple coup de vent.

En 1873, le Conseil de Ville accorde à la compagnie l’exclusivité de la distribution du gaz à Montréal pour une période de dix ans, mais lui impose une taxe compensatoire de 5 000 $. La municipalité d’Hochelaga se montre également intéressée à l’installation de lampes par la compagnie sur la rue Notre-Dame, entre la rue du Havre et le couvent Hochelaga.

Archives de Gaz Métro

Photo (Archives de Gaz Métro ) : Avant l’introduction du gaz naturel en 1958, le gaz manufacturé était extrêmement toxique et les employés chargés de colmater les brèches dans les conduites devaient porter des masques à gaz.

En 1879, l’entreprise diversifie ses activités en produisant et en distribuant de l’électricité. Elle prend alors le nom de Montreal Gas Company. En 1886, elle perd un précieux contrat au profit de sa rivale, la Royal Electric, qui illuminera dorénavant à l’électricité les rues de Montréal.

Une terrible explosion du gazomètre (immense réservoir de gaz) de la Montreal Gas Company à Hochelaga survient le 26 mai 1888 tuant cinq personnes et en blessant au moins cinq autres. Une douzaine de travailleurs oeuvraient dans la tour au moment de l’explosion.

En 1901, la Montreal Light, Heat and Power Company naît de la fusion de la Montreal Gas Company et de la Royal Electric Company. Cette nouvelle compagnie exercera durant plusieurs années un monopole à Montréal. En 1944, le gouvernement Godbout la nationalisera lors de la création d’Hydro-Québec.

citerne

Photo (Archives de Gaz Métro) : Le site où furent érigées les installations de la Corporation de gaz naturel du Québec comportait déjà un réservoir de gaz construit en 1931 par la Montreal, Light, Heat & Power. Ce gigantesque gazomètre pouvait contenir 10 millions de pieds cubes de gaz, soit l’un des plus imposants au Canada à l’époque. Fabriqué à Baltimore dans le Maryland et transporté en pièces détachées à Montréal, celui-ci mesurait 210 pieds de diamètres et 364 pieds de hauteur. Il sera démoli le 13 février 1970 .

Le gaz manufacturé

Le gaz manufacturé (appelé aussi gaz artificiel ou industriel) a été découvert de façon fortuite par Jan Baptist Van Helmont (1577-1644), un médecin flamand, qui a remarqué que la combustion du charbon en vase clos provoquait des émanations. Ce n’est toutefois qu’au XIXe siècle que l’Europe et l’Amérique tireront profit de la découverte de Van Halmont en utilisant le gaz manufacturé pour l’éclairage des rues, puis pour le chauffage. On obtient le gaz artificiel en chauffant du charbon dans des fours hermétiques à température élevée.

Le gaz naturel

Le gaz naturel provient de la décomposition de matière organique et se retrouve à l’état naturel dans la croûte terrestre. Le gaz naturel a souvent tendance à se former au-dessus de couches de pétrole. Contenant surtout du méthane (CH4) (entre 70 et 95 %), les gisements de gaz naturel comprennent d’autres gaz tel que l’éthane (C2H6), le propane (C3H8) et le butane (C4H10). Lorsque le gaz naturel sort du puits, il est aussitôt amené à l’usine où il est traité afin d’en extraire les différentes composantes gazeuses et d’en éliminer l’hydrogène sulfureux et le CO2. Ensuite, le gaz traité peut être transporté aux secteurs de consommation par gazoduc (sous la forme gazeuse) ou par navires et camions citernes (sous la forme liquéfié). Liquéfié, le gaz prend un volume 617 fois moindre qu’à l’état naturel. Du reste, la valeur calorifique du gaz naturel est deux fois plus élevée que celle du gaz manufacturé et contrairement à ce dernier, le gaz naturel n’est pas toxique et s’avère beaucoup moins polluant.

La naissance d’un géant, Gaz Métropolitain

Jadis située sur le Chemin de la Côte-de-Liesse, la Corporation de gaz naturel du Québec, ancêtre de Gaz Métro, s’installe en mars 1967 dans ses nouveaux bureaux du 1717, rue du Havre, ancien site de la New City Gas Company. L’entreprise, fondée en 1955, est intégrée au réseau gazier d’Hydro-Québec en 1957. Alors que le gazoduc en provenance de l’Alberta, long de 2 340 milles, arrive à Montréal en 1958, la Corporation de gaz naturel du Québec convertit son réseau de gaz manufacturé au gaz naturel, beaucoup moins polluant et plus sécuritaire.

le pont Jacques-Cartier

Photo (Archives de Gaz Métro) : C’est en 1959 que le réseau de gaz s’étend à la rive Sud empruntant le pont Jacques-Cartier. Rendue à Longueuil, la conduite se divise en deux tronçons, partant d’un côté vers Saint-Lambert et de l’autre vers Sorel.

La même année que son déménagement sur la rue du Havre, en 1967, l’entreprise passe aux mains de l’ontarienne Northern and Central Gas Company. Le 4 octobre 1969, elle prend le nom de « Gaz Métropolitain ».

En 1980, le gouvernement du Québec, par l’entreprise de la Caisse de dépôt et de placement et de la SOQUIP, en fait l’acquisition. En 1982, Gaz Métropolitain dote 350 véhicules de sa flotte de camions et d’automobiles d’un système fonctionnant au gaz. Les travaux de construction du nouveau siège social de l’entreprise au 1717, rue du Havre, débutent en 1984. Cette année-là, avec des revenus de 730 millions, Gaz Métropolitain se classe au 120e rang des grandes sociétés canadiennes.

En 1986, elle devient une filiale de la société Noverco, toujours sous le contrôle de la Caisse de dépôt et de placement et de la SOQUIP. En 1994, Gaz de France investit massivement dans Noverco et détient indirectement 80 % de la Société en commandite Gaz Métropolitain.

Hydro-Québec et IPL Energy d’Alberta prennent le contrôle de Noverco en 1997. En 2003, l’entreprise adopte alors le nom de « Gaz Métro ». L’année suivante, Hydro-Québec se départit de ses actions au profit de la Caisse de dépôt et de placement alors que la Société en commandite Trencap s.e.c. devient l’actionnaire majoritaire de Noverco. Au début des années 2000, Gaz Métro se positionne comme une entreprise énergétique œuvrant non seulement au Québec mais dans l’est de l’Amérique du Nord.

Fait à souligner parce qu’il est rare dans le milieu des grandes entreprises, Gaz Métro a, depuis le début de 2007, une femme comme présidente et chef de la direction. Il s’agit de Sophie Brochu.

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1. Ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs (2004). Contexte, enjeux et questionnements. Le secteur énergétique au Québec . Gouvernement du Québec.

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